Que signifie, en pratique, la pensée d’Anna Tsing ? Selon moi, il s’agit de nous rendre capables de percevoir et de pressentir les possibilités de monde qui germent déjà dans les paysages ruinés par l’histoire de la colonisation et du capitalisme.
Bien souvent, j’aimerais me tourner vers Anna Tsing et lui demander à voix basse : « Comment penser sans renoncer, devant une telle désolation ? comment ne pas mépriser ? comment ne pas collaborer ? comment rester allumé, en veille, en colère et en tendresse ? » Ce répertoire, à étoffer et affiner, n’a d’autre raison que de peupler ces questions en donnant corps à la présence nécessaire de Tsing dans notre pensée. Pour continuer à vivre et imaginer dans un monde abîmé, où renoncer est aussi inévitable qu’inacceptable. Il ne s’agit pas de figer la pensée de Tsing dans un système clos, mais d’en tirer une boîte à outils de concepts d’urgence, nés des frictions du terrain et destinée à y retourner. Dans vos mains, si vous le voulez…
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Lire la notice d’assemblage : Anna Lowenhaupt Tsing, glaneuse de concepts pour le « ruinocène »
Compilation et notice par Martin Collette – philosophe de terrains vagues.
Auteur : symbiosphere
Biologiste et historien de la philosophie belge d’ascendance celte. Né en même temps que la crise pétrolière. Se revendique du courant alterdarwiniste et de la théologie des puissances intermédiaires confuses. Herboriste néopaïen, confesse une croyance à faible intensité en un Dieu unique et croit encore moins en l’Homme, mais bien à la multitudes des interactions et des esprits qui criculent entre la croûte terrestre et la voûte céleste, ainsi qu’aux chants et prières qui les flattent ou les agacent. Libéral pour les pauvres et socialiste pour les riches, juste pour rééquilibrer. Lance en 2016 une réflexion symbiopolitique en vue de renouer des alliances entre les populations humaines, végétales, animales et microbiennes contre la menace des biorobots et l’impérialisme technoreligieux de l’Occident capitaliste.
M.L. : « Tout ce qui précède est vrai sauf ma nationalité, car la Belgique n’existe plus assez pour me nationaliser. »
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