Explorer la symbiosphère à travers 10 livres clés

Le code du blog symbiosphere, craqué pour vous à travers dix essais qui naviguent entre anthropologie symétrique, philosophie perspectiviste et science des symbioses. + un remerciement.

Des livres pour se convaincre qu’un autre monde existe déjà, fondé sur les relations qui unissent les vivants, et non sur ce qui les détruit.

ANTHROPOLOGIE

La société contre l’État. Pierre Clastres Comment les sociétés forestières amérindiennes déjouent la naissance du pouvoir. Un véritable manuel d’ethnologie anarchiste. À lire : Le Jésuite, l’Indien et les Communs

Homo domesticus. James C Scott Comment des peuples « indigènes » ont échappé à la logique de domestication, de surveillance et d’exploitation qui préside à la naissance des premiers États. Que l’État est né de cette colonisation violente. À lire : Argentine, la faillite des peuples dominateurs

Métaphysiques cannibales. Eduardo Viveiros de Castro La pensée amazonienne généralise la notion de personne et pluralise l’univers dans une logique de points de vue. C’est une véritable métaphysique alternative à la métaphysique occidentale. À lire : Méditations amazoniennes

Le champignon de la fin du monde. Anna Lowenhaupt Tsing « Vivre dans les ruines du capitalisme » impose de repenser notre vision essentialiste de la nature. Dans les forêts dévastées par la surexploitation, aux USA, un champignon a fait naître une communauté humaine marginale. À lire : Désanthropiser, réhumaniser

Par-delà nature et culture. Philippe Descola Dernière grande thèse ethnologique, l’anthropologie symétrique de Descola a l’avantage de placer notre vision du monde (le « naturaliste ») sur un plan d’égalité avec celles des autres modèles culturels, tels que l’animisme. À lire : Les chemins du Rêve

PHILOSOPHIE

Mille Plateaux. Gilles Deleuze et Félix Guattari Un livre-rhizome, qui produit mille liens souterrains entre les disciplines, les époques, les cultures. Pour penser en marge du capitalisme et résister par les idées. À lire : Les machines guattariennes : résister à l’ère de « l’entropocène »

Procès et réalité. Alfred N Whitehead Le grand métaphysicien américain du 20ème siècle propose une ontologie radicalement pluraliste et perspectivistes. Du plus petit caillou à l’animal le plus rusé, les mêmes principes et enjeux s’appliquent. À lire : Faire société avec le vivant ?

Fragments. Héraclite Le premier philosophe décrit un cosmos en mouvement perpétuel, où la pensée entre en résonnance avec la grande respiration vivante de la nature. À lire : Venir-de-terre : l’autre généalogie des Grec-ques

SCIENCE

L’hypothèse Gaia. James Lovelock & Lynn Margulis Cette anticipation géniale dépeint la planète comme un seul être vivant, fruit de la complicité inconsciente des milliards d’êtres vivants. Le climat est ici la grande respiration de Gaia – la Terre. L’antidote à la vision utilitaire et technicienne de la décarbonation. À lire : Anthropocène : la grenouille conceptuelle qui se prend pour un bœuf géologique

Lynn Margulis (Découverte de l’endosymbiose) Pas un livre, mais une hypothèse. L’être humain, le chêne ou l’amibe : aucun de ces organismes ne seraient présents sur notre planète sans des symbioses ancestrales, qui ont permis à de grosses cellules « d’apprivoiser » des bactéries pour en faire les organites qui rendent possible la respiration (mitochondries) et la photosynthèse (chloroplastes). Margulis a révolutionné notre vision du vivant dès les années 70, à rebours de ses collègues masculins de l’époque, préoccupés seulement de dévoyer le darwinisme dans un étroit déterminisme génétique. À lire : Qu’est-ce que la symbiosphère ?

REMERCIEMENT

À Isabelle Stengers Pour nous avoir appris à lire ces auteurs et à ne pas les lire droit.