La photo argentique pour resensibiliser le regard

La restauration de la nature passe aussi par la restauration de notre sensibilité. Avec ses contraintes propres, la photographie argentique offre un chemin privilégié pour déconstruire notre regard et recréer une sensibilité aux paysages et à leurs dynamiques vivantes. Un chemin d’ombre et de lumière.

Photo prise par une participante, lors d’un Atelier « Paysage argentique », au Parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

« Photographie » signifie étymologiquement « écrire avec la lumière ». La chimie argentique, surtout en noir et blanc, avec ses contrastes marquants et ses gris indistincts, le rappelle souvent cruellement à l’apprenti photographe. Car ce qui s’imprime sur la pellicule reproduit rarement l’imaginaire que notre regard projette sur le monde.

Ici, il ne suffit donc pas d’appuyer sur le déclencheur pour mettre en boîte une mémoire informatique des objets et des formes captées par notre regard, suivant les codes innés ou appris qui sont ceux de notre espèce et de notre culture.

À l’écart de l’utile et du beau, le regard se perd dans le flou de l’indécis, pour s’en remettre à la magie noire d’une obscure chimie d’argent. Qui sait ? Il en émergera peut-être, après révélation, un regard tout neuf pour rhabiller notre sensibilité diminuée…

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Auteur : symbiosphere

Biologiste et historien de la philosophie belge d’ascendance celte. Né en même temps que la crise pétrolière. Se revendique du courant alterdarwiniste et de la théologie des puissances intermédiaires confuses. Herboriste néopaïen, confesse une croyance à faible intensité en un Dieu unique et croit encore moins en l’Homme, mais bien à la multitudes des interactions et des esprits qui criculent entre la croûte terrestre et la voûte céleste, ainsi qu’aux chants et prières qui les flattent ou les agacent. Libéral pour les pauvres et socialiste pour les riches, juste pour rééquilibrer. Lance en 2016 une réflexion symbiopolitique en vue de renouer des alliances entre les populations humaines, végétales, animales et microbiennes contre la menace des biorobots et l’impérialisme technoreligieux de l’Occident capitaliste. M.L. : « Tout ce qui précède est vrai sauf ma nationalité, car la Belgique n’existe plus assez pour me nationaliser. »

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