L’affirmation fondamentale du pragmatisme de Charles Sanders Peirce tient en trois syllabes : tout est signe. C’est cet axiome – de l’eau pure ontologique – qu’il s’agit de pousser dans ses conséquences pour envisager une science et une éthique des liens vivants dans un univers pluraliste.
L’idée est simple. Il s’agit de considérer que ce qu’on appelle « écosystème » est d’abord et avant tout une toile sémiotique, un réseau de liens et de plis entre des émetteurs-récepteurs qui « parlent » des langages différents et fonctionnent selon des régimes sémiotiques distincts. Pour aller au bout de la logique de Charles Sanders Peirce, il faut ajouter que ces émetteurs-récepteurs sont eux-mêmes des signes (le tac-tac du pic qui attaque le bois du chêne) perçus par les autres, que ceux-ci soient des semblables, des alliés ou des ennemis. Le tissu vivant qui constitue un écosystème est alors la somme non totalisable d’une pluralité de mondes perçus…